La Fondation Père Favron, Ile de la Réunion, Fondation reconnue d'utilité publique
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Les "volontaires de la charité"

Histoire de l’Å’uvre de 1946 à 1988


Dans un climat de sécurité et entourés de soins attentifs et dévoués, les uns y retrouvent le goût à la vie, les autres y luttent avec efficacité contre la mort.

Pour deux cents malades, il y a alors huit jeunes filles, les "volontaires de la charité" [1] , qui sont chargées de la surveillance générale, des soins, de l’économat, du secrétariat, de la cuisine, de la peinture des locaux et du jardin plus le personnel des transports, les ouvriers de chantier, ainsi que quelques résidents s’affairant à la confection et à l’entretien du linge. Le travail est polyvalent. L’entraide et la solidarité sont de mise.

C’est désormais trois établissements que le Père Favron doit gérer, plus la construction de l’hôpital d’enfants de Roches-Maigres. Ses journées sont longues, son emploi du temps surchargé. Il arrive au Père de voyager en moto de jour comme de nuit et de sauter la moitié de ses repas.

Au cours de ses visites, il ne manque pas de collecter les restes dans les maisons, chez les commerçants, au marché : pain rassis, maïs, manioc, restes de boucherie, légumes invendus, vieux stocks de vêtements qui font que pensionnaires et bénévoles se retrouvent parfois habillés pareils. Le Père veille au bien-être de tous et exerce une influence énorme sur ses pensionnaires qui avouent être désemparés lorsqu’il quitte la Réunion, même pour de brefs voyages.

Quand il revient de ses tournées à travers l’île, le Père ramène souvent quelqu’un. Un jour, il arrive de Saint-Denis avec une infirme qui ne marche pas. Il la sort de sa voiture, la porte dans ses bras, la dépose sur son lit. Le lendemain, il lui donne un bâton : "Avec ça, tu marcheras !". Tous les jours, le Père viendra lui apprendre à marcher.

On l’appelle depuis Yvette-bâton ! On verra même le Père et son équipe ramasser des galets au bord de la mer et en remplir des camionnettes, car il faut monter les murs de l’hôpital au plus vite. Il recrute une puéricultrice en Métropole, Mlle Pialot, qui apportera ses conseils pour l¹aménagement et le recrutement.

En mars 1953, l’établissement ouvre ses portes. Au début, seuls une dizaine de lits sont occupés sur les quarante-sept existants, puis très vite, les enfants arrivent de partout. Les résultats sont spectaculaires. Une loi permettant à l’État de subvenir aux besoins d¹établissements privés sous forme d’allocations est enfin appliquée dans les D.O.M. en 1953. Ainsi, le foyer peut prétendre au versement de prix de journée et ne dépend plus seulement des aumônes et de la charité.

Portfolio

Le Père, le Dr François Isautier et les enfants de l'hôpital de (...) Les Aides-soignantes devant l'hôpital d'enfants de saint-Louis

Notes

[1] Parmis ces volontaires de la Charité, baptisées ainsi par Raoul Follereau lors de son passage à la Réunion, il y avait M.-th.Vencaya, Françoise Clain, Adrienne Samelor, Marista Grondin, Marie-Anne Numa, Rolande Hoarau, Marinette Damour et Eliane Ricquebourg.