Le 13 septembre 1954, le conseil d’administration décide de changer l’intitulé de l’Association catholique de Saint-Louis, jugé trop restrictif. Elle portera désormais le nom d’Union des Oeuvres sociales réunionnaises (U.O.S.R.). Charles Isautier devient vice-président.
Cette nouvelle structure apporte aux résidents plus de confort et d’espace avec ses petits pavillons de quatre chambres. Les personnes valides gèrent leur quotidien. Elles font leur cuisine, lavent leur linge. L¹économat leur distribue chaque matin l’approvisionnement. Un magasin "pilote", installé au cœur du foyer, propose des marchandises à prix réduit pour les résidents et les pauvres du quartier.
Tout autour des villas, on plante. Très vite, le terrain prend l’allure d’un parc boisé. Mais il faudra attendre jusqu’en 1960 pour que le foyer obtienne l’électricité et dispose d’une réserve d’eau de 300 m3. Infatigable, le Père Favron entreprend encore des extensions, car le nombre de résidents va grandissant. De 1958 à 1968, 102 maisons seront bâties à Bois d’Olives, ainsi qu’un économat, puis une église de 1 500 places à la limite du site.
Le Foyer Marie Poittevin n’est pas oublié : le Père Favron y construit de nouveaux dortoirs, ouvre un jardin d’enfants, agrandit un bâtiment pour les pré-adolescentes.
Le Père s’occupe du petit centre d’adolescents du Père Fontaine, au Tampon, Les Buissonnets, qu’il faut entièrement réactualiser. Pour les plus grands de cet établissement, il bâtira un foyer de jeunes travailleurs à la Ravine-Blanche, à Saint-Pierre.
Le prêtre est conscient de la nécessité de former du personnel soignant. Un arrêté ministériel va lui permettre d’ouvrir une école d’aides-soignantes au Foyer Albert Barbot en 1957. Les huit jeunes filles bénévoles, en charge des deux cents résidents du foyer, seront formées les premières par deux infirmières diplômées : Mlle Pialot et Mlle Bebin.
En 1956, pour aider les travailleurs ruraux à sortir de l’extrême précarité de l’habitat, en collaboration avec un autre curé bâtisseur, le Père Gonthier, le prêtre de Bois d’Olives se lance dans une campagne pour l’habitat social en zone rurale. Ils expérimentent une "coopérative d’habitat rural dans les Hauts" à Sainte-Anne. Cette opération donne "le village-pilote de Cambourg". Inauguré en 1958, ce hameau regroupe 132 familles, disposant chacune de 2 à 3 hectares.