Le 13 septembre 1954, le conseil d’administration décide de changer l’intitulé de l’Association catholique de Saint-Louis, jugé trop restrictif. Elle portera désormais le nom d’Union des Oeuvres sociales réunionnaises (U.O.S.R.). Charles Isautier devient vice-président.
Les nouveaux statuts donnent à son président, René Favron, les pouvoirs les plus étendus. Il est aux yeux des autorités une réelle garantie morale. Après ces années d’efforts sans relâche pour faire, avec de petits riens, fonctionner de telles structures, le Père devient crédible aux yeux de tous. Le sérieux de l’entreprise, l’importance du travail accompli, son expansion, lui apportent la reconnaissance, la confiance, la notoriété.
Après de rudes négociations, l’État devient partenaire.A maintes reprises, il obtiendra des prêts du Crédit Agricole, de la SATEC, accompagnés de primes à la construction, et des subventions auprès de l’Etat.
La place importante des structures privées de bienfaisance dans le domaine médico-social amène le directeur départemental de la population à proposer une politique d¹aide à la restructuration des centres existants. En contrepartie, ils devront se moderniser et être aux normes.
Lors de la restructuration des orphelinats de l’île, le Foyer Marie Poittevin va héberger la moitié des orphelins du département et triple sa capacité d’accueil. On envisage la construction d’une Maison de l’enfance. Le Père Favron se retrouve donc à gérer la totalité des orphelins de l’île puisqu’il est aussi chargé de la rénovation des institutions de la congrégation des soeurs de Marie qui veille sur l’autre moitié des orphelins réunionnais.
En 1956, les transformations visant à augmenter la capacité des soins et à améliorer la qualité d’accueil, commencent au Foyer Albert Barbot. Il reçoit l’agrément pour un programme de construction de cinquante pavillons (cinq cents lits) pour l’hébergement des personnes âgées et des infirmes. Le Foyer connaît une rapide expansion, mais il n’en garde pas moins son caractère amical et bon enfant. Le Père est bien obligé de "tonner" de temps en temps, mais il n’impose pas trop de discipline, de mesures collectives. Les malades ont le droit d’être différents, appréciés et aimés. Ils sont répartis dans les villas et groupés par sexe et par affinités.