La Fondation Père Favron, Ile de la Réunion, Fondation reconnue d'utilité publique
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L’extrême misère


Le Père Favron arrive le 17 juin 1939 à la Réunion, à la veille de la déclaration de la guerre. Dès juin 1940. à cause du blocus maritime instauré par les Anglais Basés à l’île Maurice.

La Réunion se trouve coupée de la Métropole. Elle ne peut plus exporter son sucre ni importer de complément de vivres et de matériaux. Rapidement la disette s’installe et durera encore des années. Pendant douze ans, jusqu’en 1951 René Favron va mener une vie de curé itinérant.

Il sera d’abord vicaire au Tampon, puis curé aux Colimaçons et à la Chaloupe Saint-Leu où survient un terrible drame. Car le Père Favron ne peut rester inactif, et bien qu’on soit en pleine guerre. donc sans matériaux, il entreprend l’agrandissement de l’église paroissiale qui commence à être trop petite. Les travaux avancent, mais en creusant le sol. une masse de terre s’effondre et ensevelit sept ouvriers. Immédiatement, on parvient à en dégager cinq, mais les deux autres trouveront la mort.

C’est un coup terrible pour le Père Favron qui se sent responsable et en perd le sommeil. Son mal le reprend comme à Rome. Monseigneur de Langavant "craint un moment que sa raison ne l’abandonne complètement”. Finalement, il parvient à surmonter cette dure épreuve et à terminer le chantier.

En 1943, il rejoint la paroisse de Saint-Louis. L’extrême misère des petits planteurs du Sud, la précarité des camps à la périphérie des propriétés sucrières où s’entassent et vivent dans des conditions insoupçonnables les familles des ouvriers de la canne le révolte. Il voit des enfants nus, mal nourris, souffreteux et maladifs abandonnés toute la journée dans de misérables paillotes pendant que les parents cherchent du travail ou quelque chose à manger.

Une fois, appelé en pleine nuit, à Roches-Maigres, le prêtre visite une famille qui, n’ayant plus un “goni” à se mettre, ne sort plus que la nuit pour trouver à manger. Deux enfants sur trois mouraient en bas âge, il en avait assez d’enterrer ces pauvres enfants.

Le Père Favron ne sait pas résister devant la misère et la souffrance. Pour les combattre, il commence à édifier ce qui deviendra la plus importante œuvre caritative de l’île.