La Fondation Père Favron, Ile de la Réunion, Fondation reconnue d'utilité publique
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En 1951, le Père Favron est nommé Directeur des Œuvres diocésaines

Histoire de l’Å’uvre de 1946 à 1988


En 1951, quand le Père Favron est nommé Directeur des Å’uvres diocésaines, la colonie dirigée par Marie Poittevin devient un foyer des pupilles de l’État.

Mais le Père Favron ne va pas s’occuper que des enfants. En visitant le "dépôt communal" de Saint-Pierre qui héberge des vieillards sans ressources,il se rend compte que les personnes âgées ont autant besoin d’aide que les enfants. Il est effaré par leurs conditions de vie. Il n’y a alors ni sécurité sociale, ni retraite. Les lois sociales de la départementalisation ne sont pas encore mises en place. Ressentant la nécessité et l’urgence d’agir, il décide de créer un hospice pour vieillards et trouve un terrain.

Sans perdre de temps, après la messe dite dans l’église de la Ravine-des-Cabris, il demande aux habitants de voter à main levée leur adhésion à son projet de "colonie pour vieillards", et décide d’acheter à M.Patrice Poudroux un terrain de quinze hectares à Bois d’Olives.

En juillet 1951, le conseil d’administration approuve l’acquisition. L’hospice pour vieillards pourra voir le jour. Sur ce terrain sec et rocailleux, il subsiste quelques bâtisses en ruine, une ancienne remise où il installe la chapelle ainsi que d’anciennes écuries qui, restaurées, pourront héberger une dizaine de personnes de l’hospice de Saint-Pierre.

Le Père Favron, déchargé du ministère paroissial en 1951, va enfin pouvoir disposer de temps pour donner une autre dimension à son Å’uvre. Il va déployer une formidable intuition, une volonté, une détermination tenace pour combattre et réagir face aux multiples problèmes humains et sociaux de l’île.

Bourru, il affiche un entêtement de Breton qu’il reconnaît avec humour : "J’ai été à bonne école ; tout jeune, je conduisais l’âne de la famille !" Il a aussi cette franchise, parfois brutale mais indispensable pour gérer tout ce petit monde.

La construction du nouvel hôpital d’enfants commence en février 1952. L’hospice ouvre ses portes le 1er juillet 1952 et accueille peu à peu l’ensemble des vieillards abandonnés des alentours. Il prend le nom de Foyer Albert Barbot [1].

La vie s’y installe dans des conditions rudimentaires. Le Père et les hommes se contentent d’une paillasse dans un hangar. Les femmes dorment dans une petite case sur des matelas de chokas. Lors de ses visites, le docteur Schaffer, directeur de la Santé, reconnaîtra la qualité des soins et du travail des jeunes "volontaires" à l’infirmerie : sans eau, sans électricité, avec des moyens de fortune mais de bons médecins, ils obtiennent d’excellents résultats, respectent une asepsie rigoureuse et disposent d’équipements appropriés.

Portfolio

Les jeunes filles "volontaires" en charge du Foyer La visite aux résidents

Notes

[1] A la mémoire du destin héroïque du fils d’André Barbot et d’une demoiselle Dumesnil ( deux familles qui ont apporté leur précieux soutien au Père, en faisant notamment don d’une maison voisine du Foyer Albert Barbot, ce qui a permis son extension).