Histoire de l’Å’uvre de 1946 Ã 1988
En novembre 1946, le Père Favron décide de fonder un petit hôpital d’enfants et réunit dix personnes de bonne volonté [1]assemblées autour d’une table, venues pour lui faire plaisir, sans trop de conviction. Mais elles se rallient vite au Père Favron lorsqu’il leur expose son projet de crèche -pouponnière.
Cette petite garderie s’installe dans les dépendances de la cure de Saint-Louis, dans un vieux garage qu’on remet en état, pauvrement équipé avec des caisses pour armoires et de vieux lits récupérés ici et là , fabriqués à l’aide de vieilles planches. Porté par l’idéal du Père, le petit groupe de bénévoles se consacre sans réserve à son bon fonctionnement sur les conseils du docteur Dambreville qui constitue une petite pharmacie. Son cabinet, situé en face, facilite ses interventions bénévoles.
La conviction, la détermination du Père pour son idéal lui attire aussi le soutien de personnes influentes de la bourgeoisie saint-louisienne. Ainsi, pendant trois ans, l’approvisionnement alimentaire sera offert gracieusement par les commerçants de la ville jusqu’à ce que la mairie en prenne la charge.
Après avoir mis en place dans le diocèse la "Légion de Marie", il part de 1947 à 1948 poursuivre cette mission à Madagascar, dans l’ex-Congo belge, puis au Gabon et au Cameroun. Le retour à la Réunion sera difficile et mouvementé. Pas de bateau. Et quand enfin il réussira à se faire embarquer, il se retrouvera bloqué à l’île Maurice en quarantaine, prescrite pour enrayer une épidémie de poliomyélite.
Finalement, le Père Favron arrive à la Réunion un peu avant l’effroyable cyclone de janvier 1948 qui frappe l’île (165 morts, 20 000 sinistrés) et voit s’envoler le toit de son église.
En 1949, administrateur de la paroisse de la Ravine-des-Cabris, il reprend son bâton de pèlerin pour prêcher "la mission du Grand Retour". De paroisse en paroisse, dans toute l’île, la Vierge de Notre Dame du Grand Retour est portée en procession par des foules ferventes. Le Père Favron, qui se dit pourtant très timide, s’impose "grand prédicateur populaire à la verve intarissable" dès qu’il s’agit de lancer un appel à la solidarité pour pouvoir soigner et aider les plus démunis.
Quand la départementalisation est votée le 14 mars 1946, la Réunion est terriblement sous-équipée sur le plan sanitaire. La guerre n’a fait qu’accentuer la malnutrition et causer des ravages auprès des populations vivant déjà dans la précarité.